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Plat indonésien : du nasi goreng au rendang, choisissez selon vos goûts

Éloïse Mazenc-Lebailly 7 min de lecture
Plat indonésien nasi goreng maison avec sambal et krupuk

Un plat indonésien ne se résume pas à une recette pimentée. La cuisine de l’archipel associe riz, lait de coco, épices, sauces sucrées, légumes, tofu et cuissons lentes. Au restaurant comme à la maison, quelques repères suffisent pour comprendre la base d’un plat, son origine et la place du sambal.

Les plats emblématiques pour découvrir la cuisine indonésienne

Le nasi goreng, littéralement « riz frit », est souvent considéré comme le plat national indonésien. Il se prépare avec du riz déjà cuit, sauté au wok avec du kecap manis, une sauce soja sucrée qui apporte une couleur brune et une note caramélisée. Selon la recette, il contient du poulet, des crevettes, des légumes ou un œuf au plat. Le mie goreng reprend le même principe, mais remplace le riz par des nouilles.

Plat indonésien : spécialités régionales comme le rendang, le gudeg, le rawon, le pempek et le satay lilit
Plat indonésien : spécialités régionales comme le rendang, le gudeg, le rawon, le pempek et le satay lilit

Le rendang est une spécialité de Sumatra, associée à la tradition minangkabau. Il s’agit généralement de bœuf mijoté longuement dans du lait de coco et des épices, jusqu’à la réduction de la sauce, qui enrobe la viande. Sa texture dense, presque confite, contraste avec la fraîcheur d’un riz blanc. Riche et très parfumé, ce plat est aussi servi lors de fêtes, de cérémonies et de repas familiaux.

Les satay, ou sate, sont des brochettes marinées puis grillées sur des braises. Elles peuvent être préparées avec du poulet, du bœuf, de l’agneau ou du poisson. On les accompagne souvent d’une sauce aux cacahuètes, onctueuse et relevée, ou de kecap manis. À Bali, le satay lilit se distingue par une farce de poisson ou de viande assaisonnée, moulée autour d’une tige avant la cuisson.

Pour une option plus végétale, le gado-gado réunit des légumes cuits ou crus, du tofu, du tempeh et parfois un œuf, le tout nappé de sauce aux cacahuètes. Fabriqué à partir de soja fermenté, le tempeh offre une mâche plus ferme et un goût plus marqué que le tofu. Végétarien ne signifie toutefois pas toujours sans allergènes : soja, cacahuètes et parfois pâte de crevettes peuvent entrer dans la préparation.

Un archipel, des goûts : repères de Sumatra à Bali

Spécialité Repère géographique Base et cuisson Profil gustatif
Rendang Sumatra Bœuf mijoté au lait de coco Intense, épicé, profond
Gudeg Yogyakarta, Java Jacquier jeune cuit lentement Doux, sucré-salé
Rawon Java oriental Soupe de bœuf aux épices Terrien, sombre, corsé
Pempek Palembang Gâteau de poisson, frit ou poché Salé, aigre-doux avec cuko
Satay lilit Bali Farce assaisonnée grillée Parfumé, légèrement fumé
Plat indonésien nasi goreng maison avec œuf, poulet, krupuk et concombre
Plat indonésien nasi goreng maison avec œuf, poulet, krupuk et concombre

Java : les plats de riz, les soupes et le goût doux

À Java, le riz structure de nombreux repas. Le nasi campur, qui signifie « riz mélangé », n’est pas une recette figée. Il s’agit d’une assiette de riz entourée de plusieurs petites portions, par exemple du poulet, des légumes, du tofu, du tempeh, des œufs ou des préparations pimentées. Le nasi liwet, quant à lui, est un riz cuit lentement avec des aromates et parfois du lait de coco.

Yogyakarta est connue pour le gudeg, préparé avec du jeune jacquier longuement cuit. Sa douceur peut surprendre lorsqu’on s’attend à un plat relevé. À l’est de Java, le rawon est une soupe de bœuf sombre, dont la couleur et les notes terreuses viennent du keluak, une graine utilisée dans certaines cuisines locales.

La racine des saveurs se trouve souvent dans la pâte d’épices

Avant la cuisson, de nombreuses recettes commencent par une base pilée au mortier : piment, ail, échalote, galanga, curcuma, citronnelle ou gingembre. Cette base aromatique explique pourquoi deux plats servis avec le même riz peuvent avoir des profils très différents. Les épices peuvent être broyées, grillées, infusées ou mêlées au lait de coco. La force d’un plat ne vient donc pas uniquement du piment, mais aussi de la superposition des parfums et du temps de cuisson.

Street food, soupes et douceurs à chercher dans un warung

Les warungs, petites tables populaires ou modestes restaurants, permettent de goûter une cuisine quotidienne. Le soto ayam est une soupe de poulet parfumée, souvent servie avec des vermicelles, du riz, des herbes et parfois un œuf. Le bakso est une soupe de boulettes, généralement accompagnée de nouilles et de bouillon. Ces plats conviennent à ceux qui préfèrent une texture réconfortante à un repas frit.

Parmi les encas, le siomay rappelle les bouchées farcies d’influence chinoise, tandis que les lumpia sont des rouleaux garnis puis frits. Les bakwan sont des beignets de légumes croustillants. À Palembang, le pempek se déguste avec le cuko, une sauce sombre aigre-douce qui équilibre le goût du poisson.

Pour le sucré, goûtez le pisang goreng, des bananes frites, ou le dadar gulung, une crêpe souvent verte grâce au pandan, garnie de noix de coco sucrée. Le martabak existe en version salée, généreusement farcie, mais aussi en version sucrée, plus épaisse et moelleuse.

Lire un menu indonésien sans se tromper de niveau de piment

  • Nasi : riz.
  • Goreng : frit ou sauté, comme dans nasi goreng et mie goreng.
  • Bakar : grillé ou rôti.
  • Pedas : pimenté.
  • Sambal : condiment ou sauce pimentée, souvent servi à part.
  • Kecap manis : sauce soja sucrée.
  • Krupuk : crackers, souvent préparés à base de tapioca.

Le sambal n’a pas une intensité fixe. Il peut être frais, très pimenté, légèrement sucré ou enrichi de pâte de crevettes. Si vous êtes sensible au piment, demandez tidak pedas, soit « pas pimenté », et précisez tanpa sambal pour obtenir le plat sans sambal. Servir la sauce à part permet de doser progressivement et de préserver les autres saveurs.

Pour un premier repas, choisissez un nasi goreng sans sambal, un soto ayam ou un gado-gado avec la sauce séparée. Les amateurs de goûts plus intenses peuvent se tourner vers le rendang, le satay avec une sauce relevée ou un nasi campur composé de plusieurs préparations. Si vous évitez le gluten, vérifiez la composition des sauces soja. Si vous ne mangez pas de produits animaux, demandez aussi si la sauce contient des crevettes ou si le bouillon est d’origine animale.

Préparer un nasi goreng maison, simplement et sans wok

Cette recette de nasi goreng pour deux personnes respecte l’esprit du plat. Le riz doit être froid et assez sec pour rester en grains lorsqu’il est sauté. Utilisez de préférence un reste de riz cuit la veille.

Ingrédients

  • 300 g de riz blanc cuit et refroidi
  • 150 g de blanc de poulet en petits dés
  • 2 œufs
  • 1 petite carotte coupée en très petits dés
  • 2 oignons nouveaux émincés
  • 2 gousses d’ail hachées
  • 2 cuillères à soupe de kecap manis
  • 1 cuillère à soupe de sauce soja
  • 1 cuillère à soupe d’huile neutre
  • 1 cuillère à café de sambal, facultative
  • Quelques krupuk ou du concombre pour servir

Préparation pas à pas

  1. Chauffez l’huile dans une grande poêle. Faites revenir l’ail, la partie blanche des oignons nouveaux et la carotte pendant deux minutes.
  2. Ajoutez le poulet et faites-le cuire jusqu’à ce qu’il soit bien coloré. Réservez-le sur le bord de la poêle.
  3. Cassez les œufs dans l’espace libre, brouillez-les rapidement, puis mélangez-les au poulet et aux légumes.
  4. Ajoutez le riz froid en défaisant les paquets avec une spatule. Faites sauter à feu assez vif pendant trois à quatre minutes.
  5. Versez le kecap manis et la sauce soja. Ajoutez le sambal si vous souhaitez relever le plat. Mélangez jusqu’à ce que le riz soit uniformément coloré.
  6. Servez immédiatement avec le vert des oignons nouveaux, des rondelles de concombre et des krupuk.

Ne surchargez pas la poêle : le riz doit saisir plutôt que cuire à la vapeur. Pour une version végétarienne, remplacez le poulet par du tempeh doré à la poêle et vérifiez que les sauces choisies ne contiennent pas d’ingrédients animaux.

Éloïse Mazenc-Lebailly

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